HIN Talk avec Threema – un partenariat solide pour plus de souveraineté numérique
HIN est synonyme de communication et de collaboration sécurisées dans le système de santé suisse, tandis que Threema incarne la sécurité et la protection des données dans la communication par messagerie instantanée. Les deux entreprises suisses ont poursuivi conjointement le développement de HIN Talk, un service de messagerie conforme aux exigences de protection des données pour le système de santé. Entretien avec Miguel Rodriguez, CRO de Threema, et Attila Fekete, COO de HIN.
Comment la collaboration entre HIN et Threema contribue-t-elle à la souveraineté numérique du système de santé suisse? Les solutions numériques peuvent-elles être à la fois sûres et simples? Et comment un pays aussi petit que la Suisse peut-il être numériquement souverain?
Dans le cadre de notre podcast vidéo «HINside – unterwegs im digitalen Gesundheitswesen», nous avons abordé entre autres ces questions avec Miguel Rodriguez, CRO de Threema, et Attila Fekete, COO de HIN. Et bien sûr, nous avons également parlé de HIN Talk et de ses avantages pour le système de santé suisse. Dans cet article, nous revenons sur quelques points de discussion particulièrement intéressants.
Vous souhaitez voir l’intégralité de l’entretien? Regardez notre podcast vidéo:
Comment est né le partenariat entre HIN et Threema?
Attila Fekete:
Il y a déjà plus de cinq ans, HIN lançait la solution de messagerie HIN Talk, développée à l’époque en interne. L’idée était de proposer un équivalent de WhatsApp pour les médecins. C’est en 2023, je crois, que nous avons compris qu’il fallait remanier la solution existante. Nous nous sommes alors demandé si nous devions de nouveau développer la solution nous-mêmes ou collaborer avec un partenaire fiable. Dans ce contexte, il était particulièrement important pour nous que le partenaire partage nos valeurs en matière de sécurité, de protection des données et de confidentialité. Nous avons alors examiné différentes solutions et sommes bien sûr tombés sur Threema, une entreprise incontournable en Suisse. Threema nous a ensuite contactés de son propre chef.
Miguel Rodriguez:
J’ai assisté à une conférence sur SCION, un protocole de communication sécurisé développé à l’EPF de Zurich. Lors de la présentation des responsables, j’ai vu que HIN coopérait également avec SCION et proposait une communication sécurisée pour le système de santé. J’ai aussitôt eu l’idée de placer Threema OnPrem derrière SCION pour le système de santé. J’ai donc contacté HIN — et mon idée a tout de suite été bien accueillie.
Attila Fekete:
Pour HIN, l’ancrage suisse est essentiel, il fait partie de notre ADN. Nous proposons des solutions pour le système de santé suisse et devons respecter le cadre réglementaire et juridique en vigueur. Chez nous, l’ancrage suisse ne se limite donc pas au nom de la marque, mais il est mis en œuvre concrètement dans notre travail quotidien. L’hébergement des données en Suisse est un aspect crucial pour nous. C’est l’une des raisons pour lesquelles les échanges entre HIN et Threema ont été très constructifs.
«Pour HIN, l’ancrage suisse est essentiel. Il fait partie de notre AND.»
HIN Talk – la messagerie sécurisée pour le système de santé
HIN Talk permet aux professionnels de santé d’envoyer des messages à d’autres membres HIN, d’échanger des fichiers et d’organiser des conférences audio et vidéo. La solution est basée sur la technologie de Threema – une garantie de sécurité et de conformité à la protection des données.
Il existe de nombreux services de messagerie de fournisseurs internationaux, y compris des solutions très répandues comme WhatsApp. Comment une petite solution suisse peut-elle parvenir à s’imposer?
Miguel Rodriguez:
La dépendance vis-à-vis de fournisseurs internationaux a longtemps été très importante, car de nombreuses entreprises recherchaient la simplicité et optaient pour les solutions les plus connues. Mais la Suisse a toujours été à la pointe de la technologie, et nous avons toujours eu des solutions et des alternatives efficaces. Il suffisait simplement de les adopter. Je crois qu’une certaine prise de conscience a eu lieu, notamment en raison de la situation aux États-Unis. Aujourd’hui, de nombreuses entreprises, mais aussi des particuliers, regardent les choses de plus près et se rendent compte qu’ils sont dépendants de grands groupes technologiques internationaux. Je parle souvent avec nos clients du fait que, si les États-Unis voulaient réellement provoquer un conflit, il leur suffirait de désactiver les clouds Azure, AWS et Google. Que se passerait-il alors? Comment pourrions-nous communiquer? Et quels services pourraient encore fonctionner?
Ce qui est en jeu, c’est donc bien la «souveraineté numérique», dont on parle beaucoup depuis quelque temps. De quoi s’agit-il, en fait?
Attila Fekete:
La souveraineté, c’est la possibilité de contrôler et de faire les choses soi-même. Dans le domaine numérique, cela signifie que tu gardes le contrôle sur tes données et sur le lieu où elles sont hébergées. C’est toi qui décides quelle technologie doit être utilisée. Dans ce contexte, les technologies open source sont souvent pertinentes. Et ce qui est essentiel pour moi, c’est d’avoir les compétences nécessaires pour contrôler et gérer les choses.
Miguel Rodriguez:
Je suis entièrement d’accord avec Attila: éviter toute dépendance, garder la liberté de choisir où l’on héberge ses données – par exemple dans son propre cloud, comme c’est le cas avec HIN Talk. La souveraineté numérique, c’est pouvoir décider du lieu où sont hébergées ses données pour que celles-ci ne puissent pas être consultées par des tiers. Et l’open source est en tout cas essentiel.
Attila Fekete:
Mais il faut aussi être réaliste. La Suisse n’est pas un grand pays, le marché est limité. Il faut donc déterminer dans quels domaines il est important d’être souverain sur le plan numérique, Nous ne pourrons peut-être pas y parvenir dans tous les domaines, mais cela sera au moins possible dans ceux où les données sont sensibles ou nécessitent une protection particulière. Donc là où la protection des données est déterminante et où nos exigences juridiques et réglementaires jouent un rôle majeur.
«Éviter toute dépendance, garder la liberté de choisir où l’on héberge ses données sont des aspects importants de la souveraineté numérique.»
Chez HIN comme chez Threema, la sécurité et la protection des données jouent un rôle central. Mais les solutions sécurisées peuvent-elles aussi être faciles à utiliser?
Miguel Rodriguez:
Threema a dès le départ été présent sur le marché grand public et fournit ses applications à des particuliers. Pour ce groupe cible, les solutions proposées doivent impérativement être simples à utiliser. C’est pourquoi cela fait partie de notre ADN. Nous en tenons bien sûr compte également lorsque nous développons des solutions pour les entreprises ou les autorités. Une solution sécurisée est essentielle, mais si elle est trop complexe, les gens utiliseront d’autres solutions moins sécurisées. Je pense que Threema est resté simple, car nous accordons une grande importance à la facilité d’utilisation et que nous sommes très orientés marché. Nous discutons souvent avec nos clients et échangeons avec des advisory boards. Pour nous, c’est un élément clé du succès de nos solutions.
Attila Fekete:
Avec HIN Talk, la simplicité s’articule autour de deux aspects: le processus d’onboarding et l’utilisation ultérieure au quotidien. Pour le processus d’onboarding, nous avons l’avantage que tous les membres HIN disposent déjà d’identités électroniques personnelles. L’identification a donc déjà eu lieu et n’a pas besoin d’être effectuée une nouvelle fois. En ce qui concerne l’utilisation, il est très important, en particulier dans le système de santé, que la solution puisse être intégrée aux flux de travail quotidiens et que les utilisateurs n’aient aucun clic supplémentaire à effectuer ni aucune application supplémentaire à ouvrir. HIN Talk est certes une application supplémentaire, mais – et c’est un point essentiel – il pourra aussi être intégré aux systèmes primaires des professionnels de santé. C’était une condition préalable à la collaboration avec Threema.
«Une solution sécurisée est essentielle, mais si elle est trop complexe, les gens se tourneront vers d’autres solutions moins sécurisées.»
Que nous réserve l’avenir? Comment HIN Talk va-t-il évoluer?
Attila Fekete:
HIN Talk est et restera un service de messagerie instantanée destiné aux professionnels de santé, un équivalent de WhatsApp pour le système de santé. Mais la manière de communiquer et de dialoguer a évolué au cours des derniers mois et des dernières années: on ne souhaite plus seulement écrire, mais aussi voir son interlocuteur. Et l’on veut aussi parfois échanger des documents. Nous souhaitons donc moderniser notre solution pour répondre à ces attentes. Il est également essentiel de décloisonner la relation entre les professionnels de santé et les patientes/patients. Ces derniers vont jouer à l’avenir un rôle de plus en plus important. HIN Talk doit donc pouvoir être utilisé à l’avenir pour échanger avec des tiers sans HIN.
Miguel Rodriguez:
Concrètement, HIN Talk permet déjà aujourd’hui de téléphoner avec un cryptage de bout en bout, pour des appels individuels mais aussi des appels de groupe. Mais je pense qu’aujourd’hui, il est aussi indispensable que les patientes et patients puissent échanger rapidement et en toute simplicité avec leur médecin, de manière sécurisée et en toute confidentialité. HIN Talk permettra donc également d’envoyer à quelqu’un un lien vers un appel. Les professionnels de santé pourront ainsi inviter des personnes externes à une réunion et discuter avec elles en toute sécurité dans le cadre d’un appel vidéo.
Attila Fekete:
Nous constatons également, sur le marché de la santé, que de nombreux professionnels de santé privilégient, dans leur travail quotidien, une solution desktop plutôt que leur smartphone. Une version exclusivement desktop est donc prévue, qui leur permettra d’utiliser HIN Talk en toute simplicité sur leur ordinateur, sans passer par un smartphone.
Miguel Rodriguez:
Et last but not least: HIN entretient aussi un partenariat prometteur avec Alpine AI et prévoit d’intégrer à l’avenir l’intelligence artificielle dans HIN Talk. Nous comptons donc aller encore plus loin avec HIN Talk.
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